đą Par une ordonnance rendue en rĂ©fĂ©rĂ© le 14 fĂ©vrier 2025, le tribunal judiciaire de Nanterre a ordonnĂ© la suspension du dĂ©ploiement de plusieurs outils dâintelligence artificielle en phase pilote dans une entreprise pour dĂ©faut de consultation prĂ©alable des reprĂ©sentants du personnel.
En principe, le CSE est informĂ© et consultĂ© prĂ©alablement Ă tout projet important, notamment sur lâintroduction de nouvelles technologies.
đ Dans cette affaire, une sociĂ©tĂ© a voulu tester diffĂ©rents outils dâIA dans le cadre dâune expĂ©rimentation. Lâemployeur nâavait pas sollicitĂ© dâavis du CSE prĂ©alablement Ă lâouverture de la phase pilote, considĂ©rant quâil sâagissait simplement dâune expĂ©rimentation et non dâune mise en Ćuvre dâun projet abouti (lequel aurait alors Ă©tĂ© soumis Ă une information-consultation prĂ©alable du CSE). Ainsi, des accĂšs Ă certains outils dâIA sont donnĂ©s Ă plusieurs salariĂ©s pour les tester pendant quelques mois et une formation spĂ©cifique est planifiĂ©e.
â ïž Le CSE conteste lâabsence de consultation, faisant valoir un trouble manifestement illicite et une entrave Ă ses prĂ©rogatives.
đïž Sur ce constat, le tribunal judiciaire Ă©carte lâargumentation de lâemployeur en considĂ©rant que cette phase pilote ne peut pas « ĂȘtre regardĂ©e comme une simple expĂ©rimentation nĂ©cessaire Ă la prĂ©sentation dâun projet suffisamment abouti, mais sâanalyse au contraire comme une premiĂšre mise en Ćuvre des applicatifs informatiques soumis Ă consultation ». Le tribunal ordonne ainsi la suspension du dĂ©ploiement des outils dâIA en cours de test jusquâĂ lâaccomplissement des formalitĂ©s consultatives du CSE, ainsi que le paiement dâune provision de 5000 ⏠au titre de lâindemnisation du prĂ©judice du CSE.
Cette solution inĂ©dite, bien que rendue spĂ©cifiquement dans le cadre dâune procĂ©dure de rĂ©fĂ©rĂ©, appelle nĂ©anmoins les entreprises Ă la plus grande prudence lorsque des projets dâĂ©volution technologique sont envisagĂ©s.